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Notices biographiques des collégiats...

Ces pages regroupent la base de données « collégiats » (1629 notices biographiques des pensionnaires de collèges) que j’ai pu constituer tout au long de ma thèse :

LES COLLÈGES SÉCULIERS DES UNIVERSITÉS DE CAHORS ET TOULOUSE AUX XIVe ET XVeSIÈCLES : INSTITUTION, INDIVIDUS, RÉSEAUX ET GROUPES SOCIAUX.

Elle devient donc ainsi accessible à toute personne intéressée et surtout adaptable en fonction des renseignements que les chercheurs voudront bien me communiquer sur le site de la Société des Études du Lot ou à mon adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

Je remercie d’avance tous ceux qui voudront bien m’aider à améliorer, corriger ou compléter ces notices biographiques

Notices biographiques des collégiats, maîtres chapelains et gouverneurs :

Méthode

Pour permettre l’identification des pensionnaires des collèges, il n’existe pas de matricule de boursiers, du moins conservée. On se reportera aux premières pages de cette étude pour apprécier la réponse faite, à Cahors comme à Toulouse, au souci des fondateurs de conserver la mémoire des séjours de boursiers, collégiats et chapelains. Le prosopographe peut toujours se prendre à rêver en considérant quelle source lui a été, par négligence ou par accident, retirée...

En l'absence de ces matricules, l'outil le plus précieux reste la liste dressée par le notaire, le collège capitulairement assemblé « ad sonum campane ». On devine immédiatement que les collèges d'artiens où les décisions sont prises par le seul chapelain-gouverneur fourniront une maigre récolte[1]. Quand il est prévu par les statuts, l'exercice de la collégialité est fréquent : procédures d'admission et de résignation, élection prieurale, procurations de justice, etc. mais il n'exige pas la présence de tous, la « maior et sanior pars » suffisant à valider la décision. Selon les cas, le notaire peut apporter à l'identité d'utiles précisions. L'enregistrement de la simple liste nominative est assez rare, le notaire mentionne presque systématiquement le prénom du collégiat. Assez souvent le grade est donné mais ne sépare pas toujours droit civil et droit canon. Lorsqu'il est tenu compte du grade, le non gradué est simplement qualifié destudens, parfois de scolar et figure en queue de liste. Inversement les docteurs et licenciés précèdent les bacheliers, avant ou juste après les chapelains. Ceux-ci sont en général regroupés immédiatement après le prieur, du moins au collège de Pampelune. Tous les prêtres qu'ils soient ou non chapelains voient leur nom honoré du classique dominus, le simple clerc gradué est qualifié de magister. Dans la grande majorité des cas, l'identification se limite à ces maigres renseignements mais l'ordonnancement de la liste peut tenir compte de la date d'arrivée et, dans ce cas, les nouveaux collégiats sont bien sûr les derniers cités. Cette précaution permet d'approcher les dates d'admission lorsqu'elles ont disparu des sources. Enfin, dans de trop rares occasions, un notaire scrupuleux peut mentionner les bénéfices détenus voire la parenté du collégiat. Mais dans la plupart des cas, il faut rechercher les renseignements les plus précieux dans les actes particuliers consacrés à un impétrant, au collégiat qui donne procuration pour ses affaires privées ou postule à un bénéfice, à celui qui résigne « en faveur de »... Heureusement ces actes sont nombreux mais, abandonnés aux notaires, imposent une recherche aléatoire dans la totalité des registres conservés. La plupart de ces registres n'ont pas de table, aucun inventaire systématique n'a été effectué : il faut donc s'en remettre à l'identification des notaires habituels des collèges via leur fonds et à la chance... Certains collèges ont conservé les registres qui leur étaient intégralement consacrés ; ceux de Maguelone et Pampelune possèdent dans leur fonds plusieurs de ces précieux documents. Rappelons également que les collégiats témoins d'un acte notarié quelconque voient leur qualité mentionnée, à l'exception d'actes dressés pour leur propre collège où parfois le notaire omet cette précision -qui pourrait disqualifier le témoignage- pour seulement indiquer « clerc habitant Toulouse ». Dans le répertoire biographique ainsi constitué et reporté en Annexes, on remarquera que la majorité des références se rapportent à la série E, celle des notaires, complétée à Toulouse par les minutes conservées dans le fonds Saint-Sernin (Série 101 H-). Les autres sources d'origine collégiale, livres de comptes notamment, ne constituent que des appoints parfois appréciables avec un rédacteur disert, ce qui reste assez rare.

A ne considérer que le nombre -1629 collégiats, chapelains, maîtres et gouverneurs retenus- on pourrait croire au succès de cette méthode mais, concédons-le, les renseignements obtenus pour chaque boursier sont plutôt maigres[2]. Il a fallu croiser nos sources avec d'autres travaux pour apporter d'indispensables compléments biographiques sur la carrière du collégiat cependant les études à caractère prosopographique restent encore trop rares pour le Midi médiéval. Si l'on effectue une rapide comparaison avec les recherches menées sur les collèges parisiens, on relèvera dans nos propres références la faiblesse de l'apport des sources imprimées. Il n'est donc pas interdit de penser qu'à l'avenir les travaux engagés dans ce domaine permettront d'apporter les précisions et nuances indispensables à la valorisation de cette première approche. En attendant, la statistique, dont nous espérons quelques réponses quantitatives à la question de l’origine géographique et sociale des boursiers et à celle de l'efficacité des collèges, souffrira de ces lacunes.

[...] à tous les niveaux de l’analyse, l’approche quantitative peut être utile, sinon indispensable, mais ses limites sont patentes en toutes circonstances. Elle ne fournit en général qu’une description améliorée des comportements, laissant totalement ouvert le problème de l’interprétation.[3] ;

nous aurons soin de respecter les mises en garde méthodologiques d'Hervé Martin : cette enquête, faute de données plus complètes et de compétences particulières en psychologie et anthropologie, ne prétend donc pas au statut d'observation scientifique.

Restitution

Dans une perspective d'aide aux recherches futures, pour ceux qui rencontreront des collégiats en deçà ou au-delà de leur présence au collège, nous avons fait le choix délibéré de maintenir un classement alphabétique des patronymes dont nous avons conservé la forme la plus fréquente, c'est-à-dire le patronyme latinisé[4]. Dans de rares occurrences, nous avons directement classé le collégiat sous le patronyme qui est historiquement resté à sa famille. Par exemple, il était manifestement exagéré de conserver un « alto pullo »pour un d'Hautpoul ou un « lupo alto » pour un Lupault. Nous n'avons pas voulu prendre le risque d'une occitanisation douteuse des noms et des prénoms, cela nous sera peut-être reproché mais nous n'avons pas été convaincus par les quelques tentatives menées à ce jour. Cependant, dans certains cas, nous suggèrerons des interprétations plus proches de la graphie occitane que celles utilisées jusque là : le célèbre Aymeric Natalis s'exprime sans doute mieux en Nadal que le Natal ou Noël parfois rencontré ; de même le Quercinois Jean de rubei capelli, Jean de Rucapel ne mérite pas de finir en un invraisemblable « Jean du Chapeau-Rouge »... Mais faut-il faire d'un de Viridario un du Verger ou un del Verdié, d'un de Pratoun Dupré ou un Delprat ? N'oublions pas que les contemporains eux-mêmes ont parfois cherché -notamment dans les milieux parlementaires- à franciser leur nom. On peut stigmatiser cette attitude « franchimande » mais a-t-on davantage le droit de systématiser motu propio une forme plus « occitane » ? Nous avons également rencontré des patronymes difficilement traduisibles, leur graphie latine très incertaine provenant souvent d'une interprétation du notaire : quel sort réserver à un pane vinhioni, un antiquamareta ? La confusion fréquente entre -n et -u ne peut-elle pas décliner un « Petich-aud / Penich-aud / Petinh-aud / Pinchin-aud / Périch-aud » en autant de patronymes à terminaison en « -and » ?

Les homonymies sont fréquentes et les contemporains n'aident pas toujours à les débrouiller. Ne citons qu'un exemple, celui des Pierre Fornerii / Fournier.

Le premier est collégiat du collège de Pampelune. En juillet 1404 il est présent dans une assemblée capitulaire convoquée au son de la cloche comme scolar, et figure en cinquième position sur cinq collégiats présents à ce moment là. L'année précédente, en 1403, on trouve dans le rotulus adressé par l'Université de Toulouse au pape Benoît XIII, un clerc du diocèse de Limoges, étudiant en droit civil, chanoine prébendé et sacriste de la collégiale de Saint-Yrieix au diocèse de Limoges. Il est certainement parent de JordanFornerii, collégiat du collège de Pampelune, cité dans le même document lui aussi clerc du diocèse de Limoges, bachelier en lois en septième année de lecture, chanoine prébendé de Limoges et de Saint-Yrieix, chantre de cette collégiale. On retrouve, en juillet 1437, un Pierre Fournier licencié ès lois, juge de Verdun, mais, en 1435, deux Pierre Fournier apparaissaient dans le même acte : l'un, licencié en décret, juge de Verdun, l'autre (alium est bien précisé), licencié ès lois et juge de Bello bassio. Enfin, en 1453, nous savons que Pierre Fournier, juge de Verdun in partibus Vasconie, confirmé licencié en décret, avait vendu au collège de Pampelune 5 livres tournois d'oblies en 1449 : il doit faire reconnaître les tenanciers. On voit que les deux Pierre Fournier sont proches du collège mais les confusions dans le grade, d'un acte à l'autre, compliquent sérieusement l'identification certaine de l'ancien de Pampelune après sa sortie du collège.

Le collège sera immédiatement mentionné après le patronyme du collégiat, la présence de places réservées à certaines régions pouvant être utile à l'identification d'un boursier.

Suivra le statut du boursier, collégiat ou chapelain, parfois en succession l'un de l'autre mais toujours de collégiat à chapelain.

Enfin nous avons choisi, après de longues hésitations et en l'absence de base normalisée, de ne pas procéder à un classement thématique des renseignements obtenus, celui-ci paraissant souvent redondant dans les exemples dont nous disposions. En effet quel que soit le soin apporté à les déterminer, en raison même de ce souci d'exhaustivité, les thèmes ou entrées se recoupent obligatoirement. Leur inévitable multiplication lorsque les renseignements abondent rend la lecture d'une telle notice difficile. Elle reste ainsi trop proche de la structure de la base de données. Nous avons donc accordé la priorité à la fluidité de la lecture en privilégiant la chronologie (dates d’entrée et de sortie soulignées en gras) et en reléguant en fin de notice les renseignements sur l'entourage, les doutes et interrogations. Le classement thématique, indispensable aux statistiques, a été laissé au logiciel ad hoc.

1 - ABRÉVIATIONS ET SIGLES

Dans un souci de concision nous avons procédé à des abréviations supplémentaires :

: Archives départementales de l’Aveyron
: Archives départementales de la Haute-Garonne
ADL : Archives départementales du Lot

ADT-G : Archives départementales du Tarn-et-Garonne

ASV : Archivio Segreto Vaticano ; RS : registre des suppliques

BM Cahors : Bibliothèque Municipale de Cahors

: volume des Cahiers de Fanjeaux
: Histoire Générale de Languedoc
£ t. : livre tournois

2 - Les ouvrages figurant dans la bibliographie générale, en fin de volume, sont cités sous une forme abrégée :

: A. Navelle, Familles..., t. I, p. 95-96, pour : Navelle (A.), Familles nobles et notables du Midi toulousain aux XIVe et XVe siècles. Généalogie de 700 familles présentes dans la région de Toulouse avant 1550,Toulouse, 1991, tome 1, p. 95-96.
3 - Les lieux non identifiés ou de transcription incertaine figurent en italique entre crochets, seuls ou accompagnés d’une tentative de localisation : 
ex. [Mesuro]

patronymes.png

[1] Il s'agit des collèges de Montlauzun, Verdale, Montrevel-Lectoure, Pélegry jusqu'en 1420 (il existe cependant quelques assemblées capitulaires pour l'hommage au comte-évêque de Cahors), Rodez jusqu'en 1461.

[2] Il en va ainsi de nombreuses enquêtes prosopographiques. Le répertoire géographique des étudiants du Midi de la France (1561-1793), Pour une prosopographie des élites, de Patrick Ferté, recense pour le seul diocèse de Cahors 5752 étudiants mais n'offre malheureusement pour la plupart d'entre eux qu'un nom, un lieu, un grade et une date. Ce n'est déjà pas si mal et le tout constitue une base à enrichir. Dominique Julia et Patrick Ferté s'en expliquent dans leur préface et introduction.

[3] Martin (H.), Mentalités médiévales XIe - XVe siècle, Paris, PUF, Nouvelle Clio, 2004, p. 29.

[4] Le classement par lieux choisi par Patrick Ferté pour ses étudiants du Midi nous paraît curieux ; comment, en l'absence de toute table alphabétique, de futurs chercheurs pourront-ils identifier leur homme s'ils ignorent son origine géographique ?