PV des séances de la Société

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Index

SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE

Présidence : M. Foissac

Nouvelles adhésions

  • Marie-Louise Foulon, de Pradines.

Décès

  • Jean Brugidou, de Paris,
  • Jean-Pierre Laussac, de Branceilles (19),
  • Michel Carriol, de Cahors.

Ouvrages et articles reçus

  • Alain-Dominique Perrin, Marie-Françoise Lajoinie, Dame honneur, une légende de Cahors, éditions de Lagrézette, après 2000, roman, 357 p. O695.
  • Programme du centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918 dans le Lot, plaquette éditée par le Préfecture du Lot et l'ONACVG. BD 486
  • Nicolas Savy, « Protestants contre catholiques en Quercy, la première guerre de Religion, 1562-1563 », Dire Lot magazine, novembre-décembre 2018, p. 6-11.
  • Pierre Garrigou-Grandchamp et Anne-Laure Napoléone, « Les demeures du XIIIe siècle de la bastide de Castelsagrat en Tarn-et-Garonne », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. LXXVI, 2016, p. 75-116.
  • Roy W. Brown, Femme fatale, une histoire d'amour, de duplicité et de meurtre. La vie passionnée de Jeanne Loviton, avocate, écrivain, éditeur et courtisane, un temps propriétaire des éditions Denoël et hôtesse du château de Beduer jusqu'en 1982, édité par l'Association d'Arts et d'Etudes du Lot, 2018, 280 p.
  • Sacré Congrégation pour la Cause des Saints, « Cause de  Béatification et Canonisation de Pierre Bonhomme », Typis polyglottis vaticanis, 1976, 670 p., don de Pierre Sainsauve et Jean-Claude Coustou, Gramat, nov. 2018. F296.
  • « Cadastre de la commune de Rocamadour en 1659 », photocopie du livre terrier servant de base d'imposition, don de Pierre Sainsauve et Jean-Claude Coustou. MS274.
  • « En mémoire des soldats de nos 19 communes morts pour le France », CD du centenaire 1914-1918 édité par l'Association «  Art et Patrimoine » de Lacapelle-Marival, 2018. D396.
  • « Allocution de Mgr l'Évêque de Cahors à l'occasion du service solennel célébré le 11 novembre 1915 dans la cathédrale de Cahors pour les soldats du département du Lot morts pour la France », Veuve Plantade, Cahors, 1915, 6 p. BD487.
  • Jean Martzloff, Les monnaies du Haut-Quercy: Cahors, Figeac, Martel, Capdenac-le-Haut, éd. Finangraphic, 2018, 103 p. O697.
  • B. Guignebault, « Paul Dumont, un héros méconnu de la Grande Guerre », La vie quercynoise du 15 novembre 2018. BO2107.
  • André Décup, « Cent ans après l'armistice de 1918: le monument aux morts, lieu de mémoire et de paix », La vie quercynoisedu 8 novembre 2018. BO2108.
  • Marie-Cécile Itier, « Cent ans de l'armistice : il collectionne les objets de la Première Guerre Mondiale », (il s'agit de notre administrateur Frédéric Rivière), La vie quercynoise, novembre 2018. BO2109.
  • Marie-Françoise Plagès, « Découvrir les Archives départementales et le Grand Mémorial », La vie quercynoise du 8 novembre 2018. BO2110.
  • Anne Forestier, « La tuilerie de Puy Blanc, la fin d'une histoire », La vie quercynoisedu 8 novembre 2018. BO2111.
  • Atelier Patrimoine du foyer rural de Cabrerets, 1918-2018, Cabrerets se souvient..., 2018, 90 p. F298.
  • Maria Teresa Perez Villalba, «  Les Français à Valence (Valencia), au XVIe siècle », Les Annales du Midi, t. 130, n°301, janvier-mars 2018, p. 5-19. (Présence de Quercynois à Valence à cette époque).

 

Communication 

« LE RETABLE MAJEUR DE VILLESÈQUE, XVIIe SIÈCLE : UN EXCEPTIONNEL ENSEMBLE SYMBOLIQUE » (Sylvie Marroux)

Notre sociétaire Sylvie Marroux l’avoue d’emblée : elle entretient avec le retable de Villesèque une longue familiarité d’une vingtaine d’années d’études et de visites guidées estivales, notamment lors des Journées européennes du patrimoine (JEP). La Société lui a d’ailleurs manifesté tout l’intérêt qu’elle portait à un prolongement de cette communication in situ dans le cadre de sa prochaine sortie d’été 2018.

Sylvie Marroux, en bonne historienne, replace immédiatement la réalisation du retable majeur dans son contexte : une œuvre pédagogique réalisée au sein de la Contre-Réforme et en communion avec l’action épiscopale d’Alain de Solminihac puisqu’insérée dans une église reconstruite autour de cette pièce majeure comme en témoigne l’absence de fenêtre axiale. En effet, le commanditaire n’est autre que Louis de Lasserre-Conques, docteur en droit et en théologie, plusieurs fois vicaire général et official (juge ecclésiastique du diocèse), prieur de Villesèque – « gros bénéfice » de 2400 livres –, un fidèle d’Alain de Solminihac qu’il assista jusque dans la mort.

Ayant fort justement insisté sur la valeur théologique et pédagogique du retable, Sylvie Marroux, aidée par l’iconographie réalisée par les élèves-photographes de l’institution Jeanne-d’Arc et réunies par Gilles Chevriau, entreprend ensuite la description de ses trois niveaux de sculptures et peintures porteurs d’une très riche symbolique chrétienne. Nous n’irons pas, dans ce compte-rendu, au-delà de l’essentiel. Le premier niveau, proche du sol et de la vie terrestre, est consacré aux allégories des vertus théologales et cardinales que sont la prudence et son serpent, la charité et son cœur ardent, l’espérance et son ancre, la foi avec le livre et la croix. L’étage supérieur, ou second niveau, est consacré à l’enseignement de l’Église. Le très riche décor végétal, porté par des colonnes torses où figurent les symboles des quatre évangélistes et d’autres animaux mystiques (pélican, cerf), met en valeur les trois toiles : au centre celle de la Résurrection, à gauche saint Louis en prière (sous les traits du commanditaire Louis de Lasserre ?) et, à droite, saint Michel, patron de la paroisse, terrassant le dragon.

Enfin, le sommet de l’œuvre, au décor strictement mobilier, nous fait retrouver saint Michel terrassant le dragon au centre d’un fronton ouvert surmonté d’une croix.

Plusieurs questions prolongent la communication : des comparaisons, bien sûr, avec d’autres œuvres dont la chapelle du collège des Jésuites de Cahors ou la place centrale de l’eucharistie dans la théologie d’Alain de Solminihac.

 

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE

du 6 décembre 2018

 

À 19 h 45, l’Assemblée générale ordinaire 2018 est déclarée ouverte et le quorum électoral atteint.

Patrice Foissac, président, présente le rapport moral de l’année écoulée :

«  Le bilan de nos activités est régulièrement publié dans notre Bulletin, nous y renvoyons pour les principaux événements dont nos sorties et séances mensuelles. J’insisterai donc sur les activités exceptionnelles qui ont abouti à une année riche en réalisations : animation du salon du Livre de Cahors autour du Quercy, source d’inspiration, publication des actes du « colloque Alain de Solminihac » dans le Bulletin, numéro spécial consacré à la Grande Guerre en cours de finalisation, partenariat lors du « mois du documentaire » avec la projection au cinéma Le Quercy du film documentaire « La bataille du Côa », suivi d’un débat en présence de notre président d’honneur Michel Lorblanchet. Il faut enfin, comme l’an passé, se réjouir de l’affluence de visiteurs sur nos sites de l’internet (web et « page Facebook ») ainsi que celle des auditeurs lors des séances mensuelles pour lesquelles nous continuons à faire très régulièrement salle comble. 


Tout n’est pourtant pas positif dans ce bilan. Il nous faut déplorer un taux trop élevé de non renouvellement de cotisations, le plus souvent par accumulation de retards qui transforment un montant annuel relativement modeste en une somme beaucoup plus lourde ; on assiste alors bien souvent à une démission pure et simple. Le tassement des effectifs est donc le point noir de ce bilan car il faut aussi ajouter au problème précédent la « concurrence » bien normale des institutions et des associations locales dans un contexte de crise du cadre départemental. J’invite donc chaque sociétaire à proposer des adhésions à son entourage ou à ses connaissances.
Enfin, une incertitude pèse sur l’organisation de nos locaux de l’archidiaconé, plus que sur notre présence elle-même, la DRAC cherchant à valoriser l’ensemble cathédral pour en faire un pôle culturel dans lequel nous avons toute notre place mais qui peut nous obliger à réaménager ces locaux.»

Alain Gérard, trésorier, présente ensuite le bilan financier de la dernière année clôturée, 2017.

                                           

Dépenses :

Frais de fonctionnement et secrétariat ……………..………….....   310,28 

Frais de fonctionnement PTT ……………………..…………......   303,90

Frais locatifs …………………….……………….……………… 1 785,67  

Travaux local ……………………………………….….………..    196,00   

Assurances ……………………………………….….………….. 1 044,78

Loyers ………………………………………………..…….........      78,00

Édition du Bulletin ………………………………………….…. 11 940,00

Expédition du Bulletin ……….…………………………………  1 402,73

TVA sur factures ……………………………………….……….  1 626,42

Sorties-voyages…. …………………………………….………..     403,90

Achats ouvrages ……………………………………….…….....      470,43

Abonnements …………………………………………………… 1 252,66

Reliures ………………………………………………………….    330,00

Achats petit matériel …………………………………………….    739,00

Divers ………………………………………………….…………   273,45

Frais financiers …………………………………………………..      18,22

                                                                                  

                                                                                        Total :    22 175,44

Recettes :

Cotisations normales …………………………………………..    2 945,00

Cotisations de soutien ………………………………….….......       660,00

Abonnements ………………………………….……………....  12 520,00

Vente Bulletins France …….……………………………….….       849,48

Vente ouvrages …………….………………….……………….       956,40

Divers (dont remboursements de travaux DRAC) ….…….……   3 965,53

TVA restituée ….……………………………....………………    2 500,00

Subventions …………………………………………….………   2 180,00

Dons ……………………………………………………………        40,84

                                                                                   

                                                                                        Total :    22 651,72

Résultat d’exercice …………………………………..……..          476,28

 

Discussion

La discussion sur ces rapports est déclarée ouverte. M. Gérard se réjouit d’un exercice légèrement positif qui sera affecté par le prochain CA à un chapitre prévisible de dépenses dans les locaux. Comme pour chaque exercice budgétaire, MM. Gérard et Foissac précisent que des réserves financières importantes nous sont indispensables pour couvrir un déménagement tant que nous serons expulsables des locaux de l’État sous délai d’un mois.

L’Assemblée générale approuve à l’unanimité les rapports moral et financier.

Élections au Conseil d’administration

Nous enregistrons avec plaisir une candidature – sur les deux postes d’administrateurs à pourvoir lors de cette AG –, celle de M. Georges Depeyrot, qui fut l’un des plus jeunes adhérents de la SEL, numismate de renom international et directeur de recherches au CNRS.

L’Assemblée générale procède à l’élection de Georges Depeyrot (élu à l’unanimité des votants).

L’ordre du jour étant épuisé et aucune autre question n’ayant été soulevée par l’Assemblée générale, celle-ci est déclarée close à 20 h 15.

 

[1] Présents : Mmes Aubry-Derieux, Azaïs, Brasilier, Caranicolas, Foissac, Lagarrigue, Hillairet, Mas, Mercadier, Pendino, Serin ; Mlles Bach, Cavaroc ; MM. Austruy, Azaïs, Baux, de Chalain, Chevriau, Chopineau, Deladerrière, Hillairet, Lecuru, Linon, Marin, Mas, Réveillac, Royère, Serin.

[2] Présents : Mmes Azaïs, Bouat, Brasilier, Caminade, Delsahut, Grafouillère, Lafon, Lagarrigue, Mariotto, Mercadier, Pendino, Picard, Serin ; Mlles Arènes, Bach, Brun ; MM. Audoin, Austruy, Azaïs, Baux, Bouat, Caminade, Conte, Deladerrière,  Ferriz, Foissac, Germain, Lafon, Lagaly, Linon, Réveillac, Rigal, Roques, Royère, Serin, Vertut.

[3] Présents : Mmes Azaïs, Delsahut, Foissac, Grafouillère, Masbou, Patelli Pendino, Picard, Réveillac, Royère, Serin ;  Mlle Cavaroc ; MM. d’Alençon, Austruy, Azaïs, Baux, Chevriau, Depeyrot, Foissac, Gérard, Gros, Lecuru, Linon, Réveillac, Rivière, Roques, Royère, Savy, Serin, Vertut.

 

SÉANCE DU 8 NOVEMBRE

Présidence : M. Foissac 

Nouvelles adhésions

  • Vincent Lecomte, de Luzech,
  • Francis Kelly, d’Uzech-les-Oules.

Décès

  • Simone des Longchamps, de Payrac.

Ouvrages et articles reçus

  • Robert Larue, Gagnac de siècle en siècle - T.1 : Au XVIIe siècle ; T. 2 : Au XVIIIe siècle, Gagnac, éd. « Culture et patrimoine à Gagnac », Tome 1 : Bulletin n°13, octobre 2016, 114 p. ; tome 2 : Bulletin n°14, avril 2018, 126 p. BO2075 et 2076.
  • Jean-José Boutaric, Porteur d'eau, du Quercy à Paris, Sucy-en-Brie, chez Anfortas, 2017, roman, 2e édition, 452 p. O684.
  • CAUE du Lot, Pays d'art et d'histoire de la vallée de la Dordogne lotoise « Maisons et dépendances, le patrimoine bâti », plaquette, imp. Ayrolles, 2009, 60 p. BD480.
  • Jean-Pierre Girault, « La bataille d'Uxellodunum au Puy d'Issolud, Saint-Denis-lès-Martel, Vayrac, Lot, le dernier combat de la guerre des Gaules », plaquette éditée par les Amis du Musée de la Raymondie  et les Amis d'Uxellodunum, non daté, 27p. BD481.
  • Nicolas Savy, « De la simplicité tactique et de l'étude de l'ennemi : l'embuscade de Larnagol (10 avril 1944), l'embuscade de Lanzac (29 juillet 1944) », Le  Sioux n°55 (revue de tactique militaire), septembre 2018, p.17-29. BO2080.
  • Nicolas Savy, « Le combat urbain à la fin du XVIe siècle, l'exemple de la bataille de Cahors (29 mai-1er juin 1580) », Le  Sioux n°56, octobre 2018, p.14 à 23. BO2081.
  • Lartigaut, Roudié, Derville, Loiseleur des Longchamps, Charnay-Monzat, Cayla : « Patrimoine du Quercy », Revue des Vieilles maisons françaises, n°103, juillet 1984, 80 p., fonds Jean Coulon. BO2082.
  • Gilles Chevriau, « Le pont de Saint-Géry, un alerte octogénaire », La vie quercynoise du 4 octobre 2018. BO2083.
  • Roland Puech, « Le monument aux morts de Gramat est classé au titre des Monuments historiques. », La vie quercynoise du 30 août 2018. BO2084.
  • José Baudel, Le vin de Cahors, Luzech, imp. Boissor, 1977, 2e édition, préface de Jean Fourastié 217 p., fonds Jean Coulon. D391.
  • Henri Enjalbert, Rouergue Quercy, Paris, Arthaud, 1971, collection « Le monde en images », 245 p., fonds Jean Coulon. O685.
  • Jean Loupias, Assassin ?...Personne ! Le crime de Lalbenque, 14 juin 1980, éditions Dominique Bedou, 1985, 73 p., fonds Jean Coulon. D393.
  • « Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840), Montgesty, Ou-Tchang-Fou », Revue Religieuse du diocèse de Cahors, numéro spécial, 17 juin 1990, 64 p., fonds Jean Coulon. BD482.
  • Antonin Perbosc, Proverbes et dictons du Pays d'Oc, réunis et présentés par Josianne Bru et Daniel Fabre, éd. Rivages, occitan/français, 1982, 82 p., fonds Jean Coulon. D392.
  • Christian Signol, Antonin, paysan du causse (1897-1974), Paris, Seghers, 1986, collection « Mémoire vive », 195 p., fonds Jean Coulon. O686.
  • Patrice Hyver, Le Lot, s.l., éd. Équinoxe, 2007, aquarelles, 93 p., fonds Jean Coulon. D394.
  • Armand Viré, Le Lot, Péronnas, éd. du Bastion, 1999, réédition de l'ouvrage de 1907, 307 p., fonds Jean Coulon. O687.
  • Brigitte Guignebault, « Retour sur l'histoire tumultueuse du château du Théron », La vie quercynoise du 20 septembre 2018. BO2087.
  • André Dupuy, Histoire chronologique de la civilisation occitane, tome 1, édité par l'auteur, 1980, 300 p., fonds Jean Coulon. O689.
  • André Dupuy, Histoire chronologique de la civilisation occitane, tome 2, Saint-Christol, éd. Saber, 1987, 615 p., fonds Jean Coulon. O690.
  • Jean Fantangié, Sur les pas du « Flâneur », souvenirs personnels, spéléologie, vie quotidienne, guerre de 14-18..., édité par le Rotary club de Cahors, imprimerie du « Peyry », 1986, 161p., fonds Jean Coulon. D395.
  • D'après A. Girault de Saint-Fargeau, Dictionnaire historique des communes du Quercy, Péronnas, éd. du Bastion (reprint), 2000, 195 p., fonds Jean Coulon. O691.
  • Marie-Odile Mergnac, Les noms de famille du Lot, Paris, éd. archives et culture, 2007, 256 p., fonds Jean Coulon. O692.
  • Bru, Scellès, Séraphin, Cassan, Hadjadj-Jadaud, « Les granges du lot de la fin du Moyen Âge à la Révolution », plaquette éditée par le Conseil Départemental du Lot, 2018, 64 p. BD485.
  • Alfred Cayla, Marguerite Vidal et alii, Languedoc, Quercy, Rouergue : maisons, meubles, objets, Paris, L'Illustration, 1981, coll. « Styles de France », 119 p., fonds Jean Coulon. F292.

Communications

« SÉNAILLAC-LAUZÈS : 1914-1918, 33 VIES » (Isabelle Bénac)

Isabelle Bénac s’est intéressée aux morts de sa commune, morts dont le nom est égrené tous les ans lors des commémorations du 11 novembre, longue litanie de 33 victimes pour un village du Causse de Gramat aujourd’hui dépeuplé mais qui comptait, en 1914, 503 habitants. Elle avoue qu’à cette curiosité citoyenne s’ajoute le poids de l’histoire familiale, celle d’un grand-père ayant perdu son frère jumeau durant la Grande Guerre et lui-même plusieurs fois blessé. L’itinéraire du chercheur amateur est parfaitement restitué par Isabelle Bénac : aux ressources nationales aujourd’hui en ligne, comme le célèbre site « Mémoire des Hommes », s’ajoute localement le croisement fructueux du recensement, des sources judiciaires, des délibérations du Conseil municipal, de la presse locale enfin, essentiellement le Journal du Lot.

Le résultat des recherches n’est pas surprenant pour ceux qui connaissent bien l’histoire de notre département dans la Grande Guerre. C’est d’abord le constat d’un analphabétisme persistant : sur les 33 poilus morts pour la France, la moitié seulement sait lire et écrire. Un seul a un niveau d’instruction suffisant pour être sous-officier, sans surprise il s’agit de l’instituteur du village qui devient vite sergent. Comme pour la plupart des communes du Lot, le recrutement initial reste local : la majorité des mobilisés l’est dans les régiments « lotois » comme le 7e RI ou ceux des départements voisins comme le 11e RI de Montauban où le 139e RI d’Aurillac. Après le meurtrier combat de Bertrix , le 22 août 1914, c’est la Champagne qui voit tomber le plus grand nombre d’enfants du pays : 12 morts dans le seul département de la Marne. La guerre, c’est aussi l’exil forcé et un poilu sénaillacois meurt en Grèce dans les rangs d’un régiment d’infanterie coloniale. La mort de « maladie contractée en service » participe aussi au sinistre bilan et disperse les malheureux dans les hôpitaux et cimetières de l’arrière, autant dire dans toute la France ou presque. Là comme ailleurs, l’enquête livre des cas poignants : la mort de deux frères, celle d’un homme de 41 ans et enfin, le plus triste sans doute, la disparition, le 25 septembre 1916, de Robert Fizammes, pourtant soutien de famille, qui laisse à sa mère, veuve, quatre frères et sœurs en bas âge. La salle ne peut que partager l’émotion qui se dégage de cette recherche exemplaire dont la rigueur historique n’a pas dissimulé la tendresse que porte Isabelle à ses malheureux compatriotes.

 « SERVICE DE SANTÉ ET MÉDECINE DURANT LA GRANDE GUERRE » (Jacques Audoin)

Jacques Audoin apporte ensuite une contribution toute familiale à cette belle communication. Par ses compétences d’ancien médecin militaire, il est en mesure de nous présenter un bref état des lieux du service de santé et de la médecine durant le conflit mondial. Il nous décrit des services de santé mal préparés (le modèle étant celui de la journée-bataille des guerres précédentes) et très vite débordés par des combats meurtriers. La tâche essentielle est dévolue aux brancardiers car la doctrine française est celle des évacuations successives vers les ambulances du front puis les hôpitaux militaires de l’arrière (comme on pourra le constater dans ce Bulletin à la lecture du poignant témoignage du sergent Élie Castagnié, « Ma blessure »). Aux pathologies classiques des guerres s’ajoutent les gaz, les traumatismes psychologiques trop rarement évoqués, la terrible épidémie de grippe espagnole qui n’épargne pas les civils. Eux aussi sont durement impactés par la dégradation des conditions de vie, les pénuries alimentaires dans les départements occupés, les dures conditions de travail du monde ouvrier ou rural. La médecine vétérinaire est aussi évoquée… Mais laissons un regret aux absents car il nous faudrait encore plusieurs pages pour aborder tous les points traités par le docteur Audoin !

 

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

de la Société des études du Lot

SÉANCE DU 4 OCTOBRE

Présidence : M. Baux

Nouveaux membres 

       - Claire Pardieu, de Cahors,

       - M. et Mme Michel Tetaud, de Cahors.

Décès

  • Jean-Marie Buscailhon, de Versailles,
  • Étienne Dupont, de Figeac.

Ouvrages et articles reçus 

  • Jean Darrouy, Jean-Michel Garric, Francis Sohier, La faïence et la terre vernissée d'Auvillar, ouvrage publié à l'occasion de l'exposition présentée au musée des Arts de la table, à l'abbaye de Belleperche (Cordes-Tolosannes) du 2 mai au 30 septembre 2015, éditions In extenso, 2015, 209 p. F269.
  • S.H. : « Prix VMF, l'onde de choc », article sur les retombées parfois inespérées d'un prix attribué alors même qu'un propriétaire n'a plus les moyens d'agir seul. Exemple du château de Lantis deux fois primé après l'incendie de la nouvelle charpente, extrait du Magazine du patrimoine, de l'architecture et des jardins VMF n°280, juillet 2018, p. 103 à 105. BO2061.
  • « Recueil des monographies de l'arrondissement de Cahors : canton de Catus, 1880-1881 », présenté par Mme Constant-Le Stum et M. Étienne Baux, photocopies des manuscrits  originaux, non paginé, fonds Jean Coulon. F271.
  • Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits du département du Lot, t. 1, Institut national de la statistique et des études économiques, 1953, 116 p. Q130.
  • Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits du département du Lot, t. 2, Institut national de la statistique et des études économiques, 1953, 262 p. Q131.
  • Louis Cambornac, ancien pharmacien et maire de Catus, Biographie d'un prolétaire, publiée à l'initiative du Dr Pierre Massabie, préface de Jean Coulon, Orthez, presses numériques ICN, 2007, 65 p., fonds Jean Coulon. D383.
  • « Camille Vaysse, instituteur de Catus, hussard noir de la république, notes personnelles et correspondance administrative, 1900-1910 », publiées à l'initiative de Pierre Massabie, presses numériques ICN, 2010, 114 p., fonds Jean Coulon. D384.
  • Christiane Dardé, Moi, Justine, enfant de l'assistance publique. Enfance, adolescence, cruelles et campagnardes d'une « fille placée », éd. publi-fusion, 203 p., 1992, fonds Jean Coulon. O671.
  • Pascal Reigniez, L'outil agricole en France au Moyen Âge, Paris, Errance, 2002, 446 p., fonds Jean Coulon. O672.
  • Alexandre Marciel, Maurice Faure, l'étonnant destin politique, préface de Roland Dumas, éditions Publi-fusion, 1998, 328 p., fonds Jean Coulon. O673.
  • Anne Brenon, Le choix hérétique, dissidence chrétienne dans l'Europe médiévale, éditions La Louve, 2006, 252 p., fonds Jean Coulon. O674.
  • Christiane Constant-Le Stum, Roland Morel, Jean Vaysse, Le Lot politique et administratif depuis 1800, publication des Archives départementales du Lot, Publi-offset, 1997, 187 p., fonds Jean Coulon. O675.
  • Jacques Roger, À Vau-Lot (Autour d'une rivière), Mercuès, imp. France-Quercy, 2001, 127 p., fonds Jean Coulon. O676.
  • Jean-Jacques Thamier, Henri Thamier, un homme d'exception, Mercuès, imprimerie France-Quercy, 2003, 515 p., fonds Jean Coulon. O677.
  • Alain Fournier et Marie-Liesse Housty, Gourdon, au temps de ses dénoisilleuses, (1840-1940), éditions de la Bouriane, 1997, 285 p., fonds Jean Coulon. O678.
  • René Nelli, Écrivains anticonformistes du Moyen-Âge occitan, la Femme et l'Amour, anthologie bilingue, textes traduits et présentés par R. Nelli, Foix, éditions Phébus, 1977, 357 p., fonds Jean Coulon. O679.
  • Léon Martin, Crayssac et alentours, éditions du Roc-de-Bourzac, édition complémentaire à « Histoires du Quercy autour de Crayssac », 1991, 533 p., fonds Jean Coulon. O680.
  • Dr Alfred Cayla, L'habitation rurale du Quercy et de ses alentours, 2e édition augmentée, Maisons paysannes de France, 1966, 62 p., fonds Jean Coulon. BQYO2062.
  • Edmond Albe, « Monographie de la paroisse de Saint-Michel-Loubéjou », transcription de G. Castéran, parue dans le bulletin de l'Association des Amis du Pays de Saint-Céré n°69 de juin 2018, p.3 à 5.
  • Michel Magot, Sabadel 1789-1989, chronique d'un village des Causses du Quercy  aux 19ème et 20ème siècles, Imprimé par Amazon en Pologne, 2018, 175 p. F258.
  • Maryse David, La fabuleuse histoire de la grotte-temple du Pech-Merle, d'après les mémoires d'André David co-découvreur de la grotte, Mirebeau s/ Bèze, Tautem, 2018, 95 p. D387.
  • Jean-Pierre Jammes, Saint-Médard 1914-1918, « Votre fils qui vous aime… », commune de Saint-Médard-de-Presque, éd. du Ver luisant, 2018, 107 p. D388.
  • Roger Joulia, « La croix dite "des templiers" à Lacapelle-Balaguier (synthèse de recherches) », dossier tapuscrit suivi de l'article de Pascal Cazottes sur le même sujet, Le Villefranchois du 5 juillet 2018, envoi de M. Loupias. BO 2067.
  • « Cahors célèbre ses patrimoines : 20 ans Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France, ville de Cahors », plaquette anniversaire de l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France (1998-2018).
  • « Événement : la ville va célébrer ses patrimoines en septembre, 2e biennale des Patrimoines du 5 au 29 septembre 2018 », La vie quercynoise, 5 juillet 2018. BO2068.
  • Marie-Thérèse Baux, « Colloque Solminihac : un parcours auquel il n'avait pas pensé, qu'il assume ensuite avec passion !», La vie quercynoise, 21 juin 2018. BO2069.
  • Francis Kovacs, « Sur les pas d'une châtelaine : qui est Galiote de Sainte-Anne, grande figure moniale du Quercy?», La vie quercynoise, 5 juillet 2018 (à l'occasion du colloque organisé par Jacques Audoin auquel participa notre président Patrice Foissac). BO2070.
  • Sénaillac-Lauzès, Fondation du Patrimoine, « Il faut sauver l'église Saint Séverin », La vie quercynoise, 5 juillet 2018. BO2071.
  • « Patrimoine et archéologie, visites, animations, conférences en 2018 », plaquette du département du Lot. BD477.
  • Anne-Marie Uyttenbroeck, Noël Andrieux,Marie-Désiré-Pierre-Amédée-Victor Bataille, général de brigade, commandeur de la Légion d'honneur, document généalogique réalisé pour la commémoration du 100e anniversaire de sa mort à l'occasion de l'exposition au château de Floressas les 7-8-9-10-11 novembre 2014. BO2072.
  • Pierre Louty, Histoires tragiques du maquis, paroles de l'ombre, p. 877 à 899 consacrées au Quercy, à Jean-Jacques Chapou et au maquis du Lot (tragédie de Gabaudet, destruction de l'usine Ratier à Figeac, attaques contre les GMR du Lot), illustrations photographiques Béatrice Detivaud, Association La Veytizou (Neuvic-Entier), 2011, 972 p., don anonyme. F282.
  • Alfred Barbou, Le grand patriote Gambetta, Paris, Librairie Duquesne, 1883, 372 p., série « Les grands citoyens de la France », 37e édition. Don de Mme Bouzerand. D389.
  • Paul Timon-David, L'Odyssée gambettiste, 1870-1871, Paris, E. Dentu, 1872, « Desinit in piscem » (finit en queue de poisson), opuscule entièrement versifié dédié à Monseigneur le comte de Chambord, 70 p. Don de Mme Bouzerand. BD478.
  • Philippe Lauzun, Le château de Bonaguil en Agenais, description et histoire, Imprimerie et lithographie agenaises, 1897, 150 p. Don de Mme Bouzerand. O683.
  • Abel Hugo, Jules Verne, Adolphe Joanne, Département du Lot, géographie illustrée, dictionnaire des communes, réédition des ouvrages de 1835 et 1879, éditions du Bastion, 1991, 107 p. Don de Mme Bouzerand. F283A.
  • Miton Gossare, Les Tards Avisés, 1707. Histoire d'une révolte paysanne en Quercy, Périgord et Agenais, Cahors, L'Hydre, 1998, 78 p. D390

Communication

« L’ABBÉ BERNARD CHAPOU (1530-1603), DE TAURIAC AUX GRANDES ABBAYES DU NORD DE LA FRANCE » (Françoise Albertine Mas)

Françoise Albertine Mas nous avait passionnés en octobre 2017 avec sa communication fort bien illustrée sur Bernard Dumas, mousquetaire gris au service de Louis XIV.

Elle a récidivé cette année avec le parcours étonnant du grand-oncle du mousquetaire, l’abbé Bernard Chapou (1530-1603), également de la paroisse de Tauriac au nord du Quercy.

Intriguée par deux documents des Archives du Lot qui le désignent comme abbé en Picardie, de multiples recherches la conduisent à « l’abbaye de Bohéries », abbaye cistercienne de Vadencourt (Aisne), diocèse de Laon.

Comment un prêtre qui habite Chapou, paroisse très modeste de Tauriac en Quercy, peut-il être nommé abbé commendataire d’une abbaye en Picardie ?

Différents documents conduisent à Alexandre de Montmirail, demeurant au château de Castelnau en Quercy. Il est alors maître d’hôtel de Louise de Bretagne, baronne de Castelnau, épouse puis veuve de Guy de Castelnau. Elle était dame d’honneur d’Élisabeth de France, épouse de Philippe II d’Espagne.

Les deux principaux appuis pour l’obtention d’une commende sont le roi et le pape, le seul lien entre l’abbé et le roi c’est Louise de Bretagne. Il faut le rappeler, Dame Louise de Bretagne, est une proche de la reine Catherine de Médicis, c’est elle qui a accompagné en Espagne Élisabeth de France pour son mariage avec Philippe II d’Espagne. C’est donc vraisemblablement avec l’aide de la reine que la baronne a fait obtenir à l’abbé Chapou, doyen de la collégiale, la commende, qui servira à financer en partie cette collégiale.

L’étude du testament en 1603 de l’abbé Bernard Chapou nous révèle qu’il donne « un obit aux six prêtres de Tauriac », erreur du notaire ? Cette petite paroisse aurait eu six prêtres ? Ce chiffre élevé nous conduit plutôt aux chanoines de la proche collégiale Saint-Jean à Castelnau.

Dans l’étude d’Eugène Sol sur cette collégiale, ses doyens et chanoines, il y a un trou, de 1565 avec Guillaume de Trassy, à 1607 avec Destruel, que l’on peut combler partiellement avec Bernard Chapou de 1570 à 1599.

Comme pour tous les abbés commendataires le principe « charité bien ordonnée commence par soi-même » a été appliqué. Notre abbé se fera construire une maison avec chapelle attenante à Chapou, en 1582 (date figurant dans un cartouche au-dessus de la porte d’entrée). Lors de son testament fait à Chapou, le 1er mai 1603, il transmettra ce bien à Pierre Dumas son neveu, l’époux de sa seule et unique nièce Agnès Chapou. La condition est que le bien devra être transmis dès sa majorité à Bernard Dumas filleul de l’abbé et fils d’Agnès. La succession après décès du mousquetaire Bernard Dumas, l’arrière-petits-fils d’Agnès Chapou, mort le 21 octobre 1726 dans sa maison de Chapou, en présence de son épouse Dame Porlier, mentionne un inventaire du 7 décembre 1727 établi par Me Izorgue, notaire de Puybrun. Nous y retrouvons bien la description de la maison de l’abbé Bernard Chapou en 1582.

Le détail de cette étude fort bien illustrée, y compris la généalogie de cet étonnant personnage, a paru dans le bulletin de l’ARHFa de juin 2018.

 

 

SÉANCE DU 7 JUIN 2018

Présidence : M. Foissac

Décès 

  • Père Georges Delbos (1920-2018), adhérent depuis 1949, sûrement un record ! auteur en 1969 à la Faculté des Lettres de Toulouse d’une thèse de doctorat sur l’histoire de son village natal, « Faycelles en Quercy » (conservée à la SEL). Il a versé des documents originaux, ses notes et ses fiches de travail aux Archives départementales du Lot où ils constituent le riche fonds Georges Delbos (histoire locale et généalogie) classé en 2008 par Dominique Saur (66 J).

Ouvrages et articles reçus ou acquis

  • Lettre de M. Bernard Loupias ayant pour sujet sa contribution au recensement des croix réalisé naguère par M. Dalon : il s'agit de la croix dite des Templiers venue à l'origine de la paroisse de Saint Clair de Margues dans sa partie appartenant à la commune de Martiel et se trouvant aujourd'hui sur la commune de La Capelle-Balaguier. M. Loupias y joint un article du Villefranchois du 14 mai 2015 et  ayant pour titre : « La guerre des croix ou l'incroyable pérégrination de la croix des Templiers » dont il a précisément déterminé l'emplacement. Bernard Loupias ajoute quelques observations concernant la carte de Chanlaire du département du Lot datée de 1790, conservée aux Archives départementales du Lot sous la cote 2 Fi 104, 5 p. BO 2059.
  • « Patrimoni », journal du patrimoine de l'Aveyron et de ses voisins, n°74, mai-juin 2018, articles sur la faune, la flore, les écosystèmes, le patrimoine bâti, en français et en occitan, 35 p.
  • Joèl Simon, « Sanflorada de Bilhets», « Sélection de billets », livret-CD,  préface et photos d'Estève Clerc, édition bilingue occitan-français, association Aqui l'Oc, Saint-Céré, 79 p., octobre 2017, don de l'auteur. BO 2060.
  • E. Bayle, G. Roques, Petite histoire de la Guyenne, Nîmes, éd. Lacour, 1997, coll. Rediviva, 72 p. D380, fonds Jean Coulon.
  • Jean Bonnafous, Précis d'histoire de l'Occitanie, s.l., édité par l'auteur, 29 p., juillet 1975. BD 472, fonds Jean Coulon.
  • Gussy Lherm : « Le comte de Saint-Cirq-Lapopie et la fille du roi d'Aquitaine », collection « Quercy-Culturel », Imprimerie nouvelle, 1967, 14 p. BD 473, fonds Jean Coulon.
  • Gussy Lherm : « Étude sur l'extraordinaire et légendaire histoire de Ô Merle », collection « Quercy-Culturel », Imprimerie nouvelle, 1969, 48 p. BD 474, fonds Jean Coulon.
  • Étienne Baux, Christian Verdun, Alain de Solminihac, évêque de Cahors de 1636 à 1659, sa vie et son œuvre, Arcambal, éd. Édicausse, 2018, 49 p. F268.
  • Robert Martinot, Légendaire du Quercy, 3e édition, Saint-Céré, éd. quercynoises, non daté, 206 p., don de Mme Simone Boisset. D381.
  • Gwendoline Hancke, Femmes en Languedoc, Cahors, éd. La Louve, 2006, 463 p., don de Mme Simone Boisset. O669.
  • Don par Jean-Claude Coustou de l’ouvrage de Jean-Luc Massy, Le château de Lacapelle-Marival : une résidence Cardaillac, édité par « Association Art et patrimoine », 2017.
  • Michel Camiade, Figeac en Quercy, un désir de ville, Cahors, éd. La Louve, 2006, 92 p., don de Mme Simone Boisset. D382.

Communications

 « AU-DELÀ DES FORTIFICATIONS, LIRE LA DÉFENSE MÉDIÉVALE DANS LE BÂTI URBAIN QUERCINOIS » (Nicolas Savy)

Notre spécialiste de la guerre de Cent Ans aborde ce soir un sujet qui lui tient à cœur et sur lequel il a déjà publié d’importants travaux : la compréhension de l’utilisation de l’armement médiéval (XIVe-XVe siècles) dans le cadre de la défense des villes, topographie et tactiques s’influençant mutuellement. Nicolas Savy a ainsi étudié les plans des villes quercinoises, mais aussi une iconographie ancienne plus large, pour essayer de comprendre l’adaptation d’un armement défensif, dont il connaît parfaitement les caractéristiques militaires, aux contraintes urbaines, topographiques, économiques et politiques. « L’artillerie » – le terme précédant l’apparition du canon – comprend les armes collectives qui réclament plusieurs servants expérimentés, telles l’arbalète à tour dont la portée atteint la distance respectable de 350 m, les pièces à balancier comme les trébuchets, mangonneaux et couillards, appelés brida en occitan, d’où les places et rues du même nom à Gourdon et Martel. La portée de ces armes est

adaptée à la protection des faubourgs comme le conférencier l’illustre avec quelques plans mais elles ne servent qu’exceptionnellement, pour la démolition de maisons où l’ennemi pourrait se fortifier. De plus leur usage est particulièrement coûteux en hommes et matériel : il faut 14 journées de mules pour remplir le contrepoids du trébuchet de Martel qui a d’ailleurs exigé 3 mois de construction… Ces armes de longue portée exigent aussi un glacis pour être efficaces et Nicolas Savy pense que leur objectif était sûrement de prendre les rues rectilignes en enfilade mais qu’on ignore si les armes étaient adaptées aux rues ou les rues rectifiées pour être battues par elles. Plus répandues car simples à utiliser, les arbalètes « individuelles », à mouffle (sorte de manivelle), ou les « balestas de un pié » (arbalètes à étrier), rendent les glacis quasiment infranchissables avec un nombre réduit de personnel, surtout lorsqu’existent des tours de flanquement. Par leur portée efficace jusqu’à une soixantaine de mètres et leur usage simple, elles sont l’arme de prédilection des défenseurs et universellement répandues. Bien d’autres aspects sont abordés : le rôle des « pals », palissades, l’usage des sapes et contre-sapes, les premiers canons, l’armement de siège pour lequel, au passage, le conférencier détruit le mythe de « l’huile bouillante » qui est généralement de la poix… De nombreuses questions sont ensuite posées, notamment sur les clichés qui ont été généreusement diffusés par le cinéma sur l’art de la guerre au Moyen Âge et que Nicolas Savy corrige grâce aux textes, bien sûr, mais aussi grâce aux progrès permis par l’archéologie expérimentale.

[1] Présents : Mmes Aubry-Derieux, Azaïs, Brasilier, Foissac, Jooris, Lafon, Mariotto, Patelli, Pendino, Picard, Serin ; Mlles Bach, Bourières, Cavaroc, Mercadier ; MM. Audoin, Azaïs, Baux, Birou, Depeyrot, Foissac, Goyet, Héreil, Lafon, Linon, Mailhol, Marin, Réveillac, Roques, Royère, Savy, Serin, Vertut.

SÉANCE DU  3 MAI 2018[1]

Présidence : M. Foissac

Nouveaux adhérents

  • Delphine Soubiroux-Magrez, de Gourdon.

Ouvrages et articles reçus ou acquis

  • Jean Quercy (Mgr Calvet), Contes de la Vielha França represtits dins lor emmolle carcinol per Juli Cubaynes, Toulouse, éd. Gai Saber, 1976, 151 p. O668, fonds Jean Coulon.
  • Association pour la protection et la rénovation du patrimoine de Lherm, Engagements et passions d'un artiste, une évocation de Daniel Girard, père de Françoise Auricoste, préface de Françoise Auricoste, ouvrage illustré des dessins, gravures et peintures de l'artiste-illustrateur, faisant suite à l'exposition du 5 au 18 septembre 2016 intitulée : « Dessins et lettres 1914-1918. Daniel Girard (Max Délian) », imprimerie Boissor à Luzech, 139 p., 2018, don de Mme Auricoste. F267.
  • Livret de visite réalisé collectivement par les étudiants du Master Patrimoine 2017/2018 de l'Université Jean-Jaurès : « Monuments Mystères, trois bâtiments d'État à Cahors au XIXe siècle : Préfecture du Lot, Palais de Justice, Caserne Bessières », 23 p., 2018. BD 471.
  • Félix Jalenques, « Escalmels, brève chronique du prieuré d'Escalmels (Saint-Saury, Cantal) », réédition de la chronique tirée de L'Histoire de la Haute-Auvergne, Aurillac Imprimerie moderne, 1934, supplément de la brochure 2009 de l'Association « Sousceyrac d'hier et d'aujourd'hui », 22 p. BO 2058
  • Nicolas Savy, « 1918-2018, une jeunesse quercynoise donnée : la classe 1911 », Dire-Lot n°240, mars-avril 2018, p. 10-13.

Communications

 

« LA RÉVOLUTION À LABASTIDE-DU-HAUT-MONT » (Étienne Baux)

Le 3 mai 2018, notre Société a eu le bonheur de situer cette commune du Haut Quercy aux toutes premières heures de la Révolution grâce à un document issu d’archives familiales. Étienne Baux l’a reçu des mains de notre sociétaire Pierre Lonfranc, passionné d’histoire, et sur la recommandation de Philippe Calmon, notaire honoraire à Figeac, docteur en histoire, dont les contributions enrichissent régulièrement nos Bulletins. Tous deux avaient tenu à être présents ce soir-là.

348 pages manuscrites, reliées en parchemin, offrent d’abord les procès-verbaux de la naissance de la première municipalité, le 20 février 1790, et de son renouvellement le 20 novembre 1791. On y voit, dans cette paroisse devenue commune, l’accession aux responsabilités d’un petit nombre de marchands et de laboureurs. Marchands nombreux dans cette commune de 235 h. en raison des 6 foires annuelles qui attiraient des milliers de têtes de bétail, bovins et ovins, depuis les lointains confins. Laboureurs travaillant durement dans ce milieu difficile du Haut Ségala. Au départ un peu gênés par leur manque d’expérience mais bien secondés par des « capacités », comme on disait à l’époque : celles du curé et d’un avocat en Parlement.

Les élections au suffrage censitaire se déroulent dans un climat de ferveur et un grand souci de légalité. Les premiers maires furent des marchands, plus ouverts. On note aussi la présence dans la municipalité de 1791 d’un laboureur, Jean Canal, dont la famille a donné à Labastide son maire actuel, Mme Dominique Canal, présente parmi nous.

La seconde partie de ce document donne l’enregistrement par le secrétaire greffier de la commune de tous les envois du gouvernement. De gros paquets arrivaient par la poste depuis Figeac chaque semaine, malgré l’état des chemins et les mois de neige. Ainsi, cet enregistrement nous restitue le film de la Révolution et de la transformation de la France. On citera pour l’exemple les échos de la prise de la Bastille, la déclaration « des droits de l’home et du citoien », l’abolition des voeux monastiques et de la noblesse, la division de la France en 83 départements, la fuite du Roi….

Le 3 mars 1792, l’enregistrement s’arrête ; quelques jours après la municipalité est renouvelée cette fois au suffrage universel et, fait significatif, avec un maire laboureur.

Ce document confirme le succès de la Révolution dans cette commune rurale du haut pays quercynois. Il montre comment ces ruraux surent s’adapter et se montrer à la hauteur de leur tâche.

[1] Présents : Mmes Andrieu, Arènes, Azaïs, Baux, Bergounioux, Boissié, Brasilier, Deladerrière, Canal, Cuendet Anne, Cuendet, Foissac, Goyet, Grafouillère, Lafon, Lagarrigue, Lherm, Lonfranc Angéline, Lonfranc Annick, Lonfranc Nadine, Mariotto, Pendino, Picard, Serin, Ventach ; Mlles Cavaroc, Mercadier ; MM. Audoin, Austruy, Azaïs, Baux, Birou, Calmon, Caminade, Chevriau, Cuendet, Deladerrière, Delmon, Depeyrot, Foissac, Genot, Gérard, Goyet, Lafon, Linon, Lonfranc, Réveillac, Rigal, Rivière, Roques, Royère, Serin, Ventach, Vertut.

SÉANCE DU 5 AVRIL 2018[1]

Présidence : M. Foissac 

Nouveaux adhérents

  • Daniel et Geneviève Lafon, de Duravel.
  • Éric Marchal, de Prayssac.
  • Michèle et André Caminade, d’Espédaillac.
  • Mark O’Donovan, de Saint-Clair.

Ouvrages et articles reçus ou acquis

  • Nicolas Savy, « Les relations des Quercynois dans les pays de langue d'Oc au XIVe siècle », Dire Lot, n°239, janvier-février 2018, p12-14.
  • Mélie Le Roy, Dominique Henry-Gambier, « À propos des vestiges humains du Magdalénien du Sud-Ouest de la France : l'enfant inédit de l'abri Lafaye (Tarn-et-Garonne, France), « Paléo » n°28, décembre 2017, p. 157-178.
  • Divers manuscrits notariés des XVIIIe et XIXe siècles comportant les noms de Marguerite Pélissié, du notaire Jean Calmon, de Jean, Jean-Baptiste, Pierre, Françoise, Marguerite et Marie Auricoste, Admirat, Pierre Murat, Jeanne Jach, Jouffrau... Mentionnant les lieux de Concorès, Lavercantière, Dégagnac, Saint-Martin-le-Dézarnat …Don d'Étienne Baux. MS 273.
  • Dictionnaire des Postes et des télégraphes indiquant le nom de toutes les communes et des localités les plus importantes de la France continentale, de la Corse et de l'Algérie, Paris, Imprimerie nationale, juin 1913, 2000 p., don de Renaud Besnier, remis par M. Raymond Foissac de Prayssac. F266
  • René Prat, « Les limites de la province du Quercy d'après un document de 1552 », Actes du dixième Congrès d'études de la Fédération des Sociétés académiques et savantes, Languedoc-Pyrénées-Gascogne, Montauban, du 29 au 31 mai 1954, Montauban, Forestié, 1956, p.193-197.
  • Delaty, Mangin, Roques, Teisseire, Église Saint-Hilaire de Salvezou, Cahors, DESS Patrimoine 1997-1998, 100 p., 1998. F260, fonds Jean Coulon, exemplaire présenté en classeur.
  • « Documents, Catus et son environnement, photocopies de documents originaux de 1549 à + », environ 100 p. F261, fonds Jean Coulon, présentation en classeur.
  • « Notes, Catus et son environnement, chronologie jusqu'en 1900 », 300 p. F262, fonds Jean Coulon, présentation en classeur.
  • « Documents, Catus et son environnement, photocopies de documents originaux de 1800 à + », 100 p. F263, fonds Jean Coulon, présentation en classeur.
  • Estelle Akermann, Inventaire archéologique et monumental de la commune de Catus (Lot), Mémoire d'archéologie sous la direction de M. Nelly Pousthomis-Dalle, 2001-2002, Université Toulouse II-Le Mirail, environ 350 p. F264, fonds Jean Coulon, présentation en classeur.
  • Ch. De Noheh, Compte-rendu des sondages d'évaluation archéologique effectués en février 1991 à l'église Saint-Astier de Catus, environ 70 p. F265, fonds Jean Coulon, présenté en classeur rouge.
  • « Le compoix et cadastre du lieu et commune de Salvezou, 1742 », original, MS274, fonds Jean Coulon.

 Communications

« MONUMENTS MYSTÈRES : TROIS BÂTIMENTS D’ÉTAT À CAHORS AU XIXSIÈCLE » (Master II – Patrimoine Cahors)

La désormais traditionnelle présentation du travail de fin d’études de la classe de Master « Patrimoine » de l’université de Toulouse-Jean-Jaurès est consacrée cette année à trois bâtiments publics de Cahors : la préfecture du Lot, le palais de justice et la caserne Bessières. Ce travail a été initié par Mme Catherine Ferrier, alors préfète du Lot, à l’occasion des très importants travaux de réaménagements prévus au siège du représentant de l’État. L’encadrement du Master et les étudiants ont mis à profit cette « commande officielle » pour élargir leurs recherches aux deux autres bâtiments publics, l’un d’entre eux, la caserne Bessières, devant aussi faire l’objet d’un réaménagement important. On déplorera à cet égard la destruction programmée des deux corps de garde, témoins de l’architecture militaire du XIXe siècle, amputation supplémentaire du patrimoine cadurcien qui ne s’imposait pas… Les huit étudiants de cette promotion réduite se sont succédé pour nous présenter l’essentiel de leur travail. Il est hors de propos ici d’en donner autre chose qu’un très bref aperçu, d’autant qu’il a fait l’objet d’une exposition sur les lieux choisis et de l’édition d’un livret de visite disponible à la SEL. De la préfecture on retiendra évidemment qu’elle fut à l’origine le palais épiscopal médiéval dont ne subsistent que les arcades de la rue Clément-Marot, une colonne datée de la seconde moitié du XIIIe siècle et des caves. C’est à Mgr Le Jay que l’on doit la reconstruction moderne de ce palais (1681) qui aboutit au plan en U et à l’esthétique d’un hôtel au classicisme harmonieux. Le décor en est resté très sobre et les adjonctions ultérieures relativement discrètes, les maisons annexées étant soit démolies soit conservées à l’arrière du bâtiment dans un îlot urbain qui les rend invisibles. Les étudiants nous présentent ensuite l’intérieur du bâtiment, les « ors de la République », et nous rappellent quelques-uns des événements marquants de l’histoire préfectorale. L’histoire du palais de justice est moins connue et les tribunaux cadurciens ont subi de nombreuses pérégrinations (Château-du-roi, couvent de La Daurade, Collège royal…) avant de se fixer sur l’emplacement actuel, la première pierre du palais étant posée en 1860 seulement pour aboutir à l’inauguration solennelle du 1er mai 1865. Son architecture est symboliquement celle du « temple de la justice », temple dont il copie le style classique avec fronton triangulaire, colonnes et degrés en façade. Laissant la description de l’intérieur du palais au livret, relevons un détail piquant : un Lot qui se classe alors immédiatement derrière la Seine et la Corse pour le nombre d’affaires criminelles ! La caserne Bessières est mieux connue, Cahors devenant avec elle une ville de garnison dont on retient surtout la longue présence du 7e RI de 1873 à 1925, d’autres corps moins nombreux mais pittoresques (Tirailleurs sénégalais, mousses de la Marine) se succédant dans les bâtiments. Ces derniers offrent eux aussi la particularité d’avoir intégré un bâti préexistant avec l’ancien Grand séminaire, intégration qui donne à l’ensemble achevé en 1877 un plan hétérodoxe dans sa partie orientale. Notons que l’actuelle place de Gaulle, ex-enclos des Augustins, fut longtemps annexée à la caserne comme champ de manœuvres.

[1] Présents : Mmes  Arènes, Azaïs, Brasilier, Courtat, Delsahut, Dufour, Foissac, Gros, Lafon, Mariotto, Pendino, Saur, Serin ; Mlles Cavaroc, Laur, Mercadier ; MM. Andral, Audoin, Austruy, Azaïs, Baux, Chapineau, Deladerrière, Delmon, Dietsch, Dufour, Ferriz, Foissac, Gros, Lafon, Rivière, Serin.

SÉANCE DU 1er  MARS 2018

Présidence : M. Foissac

Nouveaux adhérents

- M. et Mme Bernard Bréau de Frouzins (31)

- Faith Couzens, de Cahors

- André Reiniche, de Figeac

Ouvrages et articles reçus ou acquis

- Roberta Bevilacqua (dir.), La pièce d’Alquier à Fontiès-d’Aude, un nouveau jalon pour l’étude du Campaniforme pyrénéen, Toulouse, « Archives d’écologie Préhistorique », 2015, 185 p., F259.

- Jean-Luc Massy, Le château de Lacapelle-Marival : une résidence Cardaillac, édité par « Association Art et patrimoine », 2017, 116 p., D379, don de l’auteur à la SEL.

- Frédéric Rivière, « Les chantiers publics de la ville de Cahors-Divona : économie et organisation. Approche archéologique par le biais de l’analyse des liants architecturaux », in Aquitania, Actes du colloque de Villeneuve-sur-Lot des 10 et 12 septembre 2015, supplément 37/1, Bordeaux, éd. Ausonius, 2016, p. 635-658, BO2056.

- « Une photo représentant l’épicerie Costes-Pedèche à Beauregard vers 1960 », éd. limitée à 100 exemplaires, Beauregard, éd. du Barbier, BD469.

- Françoise Auricoste, Les cloutiers et clavetiers du Quercy, Livinhac-le-Haut, Les Cahiers de la belle vallée du Lot, 2018, 52 p., BD470, don de l’éditeur.

- Anaïs Charrier, « Cahors, immeuble 63, rue Delpech, architecture, décors peints, restauration », Service patrimoine de la ville de Cahors, 2018, 24 p., BO2057.

Présents : Mmes Badia, Brasilier, Foissac, Girardi, Goyet, Grafouillère, Picard ; Mlles Brun, Cavaroc, Laur, Mercadier ; MM. Audoin, Austruy, Badia, Birou, Brugnéra, Chevriau, Deladerrière, Foissac, Gérard, Goyet, Lecuru, Linon, Mailhol, Royère, Savy, Serin, Vertut.

Communication

« LES LOLMIE DE LAPENCHE, NOBLESSE D’ÉPÉE QUERCINOISE ET MILITAIRES ;

STRATÉGIES FAMILIALES » (Catherine Lenglet)

Nous avions déjà eu le plaisir d’écouter Catherine Lenglet dans une intervention sur l’implication inattendue de la bourgeoisie caussadaise dans la traite négrière. Elle nous livre ce soir un autre aspect de ses recherches sur la société du bas-Quercy à l’époque moderne, en l’occurrence celui, assez méconnu il est vrai, de la noblesse militaire à travers quelques exemples de carrières fort honorables. Le premier personnage retenu par Catherine Lenglet est Henri de Lolmie du Colombier (1661-1747), cadet d’une famille, les Lolmie de Lapenche, dont la noblesse est déjà attestée au XIIIe siècle dans l’entourage des barons de Castelnau-Montratier. De cadet de famille, Henri de Lolmie devient dès l’adolescence cadet militaire, c’est-à-dire élève-officier dans le régiment de Bourbonnais. Il va rapidement monter en grade pour devenir officier en 1724 et va faire dans cette unité toutes les guerres de la fin du règne de Louis XIV jusqu’au début du règne de son successeur : guerres de la Ligue d’Augsbourg, de Succession d’Espagne et de Succession de Pologne. Il s’y distingue puisqu’il obtient la lieutenance du roi pour la citadelle de Strasbourg c’est-à-dire le commandement militaire de la place sous les ordres du gouverneur. Il y ajoute le commandement du fort de Kehl qui contrôle le passage du Rhin. Il meurt retiré à Lapenche, en 1747, après avoir servi jusqu’à l’âge de 75 ans ! Le second personnage évoqué est Jean Pierre Lacombe de Monteils (1672- 1734), famille alliée aux précédents qui bénéficie de la faveur royale, peut-être grâce aux relations privilégiées entre Jean de Lacombe, recteur de Caussade, et Richelieu. C’est dans la cavalerie, à la tête d’un régiment de dragons qui deviendra le Royal-Pologne, qu’il va s’illustrer (il est commandeur de l’ordre de Saint-Louis) pour finir par obtenir la charge de lieutenant des armées du roi à Perpignan, charge qu’il transmettra à son fils. Jean de Lolmie (1689-1777) va servir lui aussi au Royal-Pologne dont il deviendra le lieutenant-colonel, contribuant à illustrer la famille par la croix de chevalier de Saint-Louis et la charge de commissaire de la noblesse aux États du Quercy. Sorti indemne des batailles, il finit son existence à Lapenche, à l’âge de 88 ans. Henri de Lolmie (1714-1784) sert d’abord dans les hussards de Rangrave avant de revenir au Royal-Pologne dans la tradition familiale pour y servir pendant la guerre de Succession d’Autriche où il est peut-être blessé car dit « pensionné » en 1748. Sa mort en 1784 voit l’extinction de la branche des Lolmie de Lapenche qui se fond dans les Lacombe de Monteils puis les Gaintran, seigneurs de Lavaurette et ardents contre-révolutionnaires.

 

SÉANCE DU 1er  février 2018

Présidence : M. Foissac

Ouvrages et articles reçus ou acquis

- Pierre Simon, « recension de l’ouvrage de Nicolas Savy, La ville fortifiée de la guerre de Cent Ans (v.1345-v.1395), armement et tactique », in Revue de l’Agenais, 144e année, n° 4, octobre-décembre 2017, p.607-608.

- Pierre Courroux, « L’héritage des Albret de Vayres-Langoiran au coeur de la guerre de Cent Ans », in Annales du Midi, tome 129, n° 298, avril-juin 2017, p. 187-208.

- Occitanie, terre de cathédrales, guide édité par la direction régionale des affaires culturelles dans la collection DUO, 2017, 111 p. [la cathédrale de Cahors y figure aux

  1. p. 50 et 51], BD468.

- Exposition itinérante Patrimoine, 2016-2017, présentation du projet : « Bastides. Des villes neuves en Quercy », document de travail destiné à la SEL, édité par le Conseil départemental du Lot, 53 p., BO2054.

- Moi, Géné… ?! n° 104, Bulletin de l’ARHFa, décembre 2017 (sommaire : la francmaçonnerie dans les familles cadurciennes ; les Gourdon-Cénevières et leurs alliances au XVIe siècle ; Lotois émigrés en Amérique ; inventaire de la borie à St-Germain-du-Bel-Air ; organisation de la chasse aux loups à Vaylats à la fin du XVIIIe siècle...)

Présents : Mmes Andrieu, Azaïs, Bergounioux, d’Alençon, Deladerrière, Dreyfus-Armand, Foissac, Girardi,Goyet, Grafouillère, Patelli, Royère, Soirot, Ventach ; Mlles Bach, Brun, Cavaroc, Laur, Mercadier ; MM. Audoin, Austruy, Auvray, Azaïs, Baux, Birou, Chevriau, d’Alençon, de Chalain, Deladerrière, Dietsch, Ferriz, Foissac, Gérard, Germain, Goyet, Linon, Réveillac, Rivière, Roques, Royère, Serin, Valette, Ventach.

Communication

« RURALITÉ ET OCCUPATION : LA LOGIQUE DU NON-CONSENTEMENT. L’EXEMPLE

DES PAYSANS DU LOT, 1940-1944 » (Anne Verdet)

Anne Verdet, maître de conférences en sociologie de l’université d’Orléans, a été amenée par ses recherches et des attaches personnelles à travailler sur un sujet original, la tradition des bals populaires et notamment la pratique des bals clandestins dans le Lot sous le régime de Vichy et l’occupation allemande. Elle a ainsi fait la connaissance de Pierre Laborie qui l’a encouragée à élargir son sujet à un concept qui lui était cher et dont on peut lui attribuer la paternité : celui du non-consentement. Nous n’en referons pas ici l’historique pour simplement renvoyer à son désormais célèbre Le chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, mémoire et idées reçues. Anne Verdet déclare s’inscrire dans la démarche de la sociologie, sans s’engager plus avant sur le territoire de l’historien. C’est pourquoi elle dresse en préalable les caractéristiques sociologiques d’un département marqué bien sûr par la ruralité (81 % de ruraux en 1931, au moment où la population française devient majoritairement urbaine) et la pauvreté, resté, à la différence du Limousin, politiquement conservateur et clientéliste. On aurait pu en déduire que Vichy et son discours politique allaient emporter l’adhésion de ce monde rural largement majoritaire. Mais il n’en a pas été ainsi pour une population qui, assez vite, 1942 constituant un tournant décisif – cette date fera toutefois l’objet de quelques désaccords dans la discussion qui suivra – bascule dans le non-consentement. Qui sont les Lotois qui s’engagent dans ce non-consentement et pourquoi ? Quelles en sont les manifestations ? Nous sommes là au coeur des problématiques d’Anne Verdet. Elle définit d’abord des symboles, « la machinerie de maintenance des univers sociaux », auxquels ce monde rural est attaché comme la terre nourricière, l’école de la promotion sociale, l’église et la mairie symboles forts de la communauté villageoise. Elle montre comment les atteintes à ces symboles, que ce soit par Vichy ou l’occupant, très vite confondus, font basculer l’opinion : paysans qui s’inquiètent des réquisitions du bétail et, dans ce monde malthusien, du départ possible du fils unique pour le STO quand le père est déjà souvent prisonnier en Allemagne ; maires destitués par Vichy, instituteurs radiés, curés éloignés, gendarmes patriotes... Les réactions illustrant le non consentement sont mises en lumière par les nombreux témoignages recueillis auprès des survivants : bals clandestins, dissimulation du bétail et des denrées ou des armes de chasse, soutien matériel et moral aux persécutés du régime, etc. Avec le « temps des maquis », la population entre majoritairement dans la résistance active (ne seraitce que par le ravitaillement de ces maquis) que l’on connaît beaucoup mieux par les travaux des historiens. Rendons donc grâce à Anne Verdet d’avoir donné à ces formes précoces et modestes du non-consentement toute leur place, elles qui, trop discrètes, n’étaient pas vraiment entrées dans la « grande histoire » entretenant longtemps l’illusion d’un peuple résigné que Pierre Laborie a toujours combattue.

SÉANCE DU 4 JANVIER 2018

Présidence : M. Baux

Ouvrages et articles reçus ou acquis

- Christophe Jaillet et Colette Chantraine, Le Lot, Jardin du Ségala, Saint-Céré-Bretenoux, Beaulieu, Collonges-la-Rouge, Turenne, Martel, éditions du Laquet, 1994, guides « Tourisme et patrimoine », 100 p., D376.

- Gilbert Bergon, Patrick Goyet, Sylvie Marroux, Villesèque par ses habitants, Villesèque, éd. Marmoule, 2016, 168 p., D377.

- André Malmartel, « Dédé de Carennac », un parcours original dans le Quercy d’autrefois, autobiographie, éd. JPB, 1997, 125 p., D 378.

- Robert Marjolin : « Troubles provoqués en France par la disette de 1816-1817 », in Revue d’histoire moderne, t. 8, n°10, 1933, p. 423-460, BO2049.

- Pierre-Marie Delpu, « Les répercussions de la campagne de Russie dans le royaume de Naples (1812-1815) : origine ou révélateur d’une crise politique ? » in Annales historiques de la Révolution française, n° 384, avril-juin 2016, p. 131 à 155, éditions Dunod /Société des études robespierristes, BO2050.

- Jean-Christophe Vergne, « 1944, 1-Louise », éd. JCV, 2015, 48 p., F 255 ; « 1944, 2- Pierrot », éd JCV, 2016, 48 p., F 256 ; « 1944,3-Les autres », éd. JCV 2017, 48 p., F 257 (Bandes dessinées, fiction historique inspirée de témoignages réels, Occupation, Résistance ayant pour cadre Figeac et le Lot).

- Vincent Haegele, «1814-1815, Murat à l’assaut de l’Italie », in Napoléon Ier n° 85, août- septembre-octobre 2017, éd. SOTECA, p.50 à 55.

- Jacques Bousquet, « Une province au XVe siècle vue de la campagne, le Quercy et ses leçons pour l’histoire du Rouergue », in Revue du Rouergue, 33e année, avril-juin 1979, n° 130, Rodez, p. 97 à 106, BO2051.

- Jean Lachastre, « Le gué de la Serre sur le Céou à Saint-Cybranet » in Art et Histoire en Périgord Noir, n° 148, 2017, p.8-12, BO2052.

- Manuel Gutierrez Garcia-Brazales, L’exil du clergé français en Espagne durant la Révolution (1791-1815), Neuvic, éd. « Les livres de l’îlot », 2017, 814 p., O666.

- Edmond Albe, « Monographie de la paroisse de Belmont », transcription réalisée par Guy Castéran, in Bulletin des Amis du Pays de Saint-Céré, n°68, décembre 2017, p.1 à 3, F258.

Présents : Mmes Arènes, Azaïs, Bouat, Brasilier, Deladerrière, Delsahut, Gros, Juul, Mariotto, Pendino, Portal, Rauhala, Serin, Soirot ; Mlles Brun, Cavaroc ; MM. Austruy, Azaïs, Baux, Bouat, Chevriau, Conte, Deladerrière, Depeyrot, Gérard, Gros, Juul, Poortmans, Portal, Réveillac, Royère, Savy, Serin, Soirot.

Communication

« UNE VISITE VIRTUELLE ET COMMENTÉE DE L’ÉGLISE DE BLARS » (Claude Soirot)

  1. M. Claude Soirot, architecte, vient nous présenter ce soir le fruit des recherches entreprises sur l’église Saint-Laurent de Blars, probable prieuré de l’abbaye de Marcilhac. Claude Soirot prévient immédiatement l’assistance : l’histoire et la lecture de l’édifice sont passablement compliquées par la présence d’un grand nombre de remaniements voire de reconstructions depuis les premières réalisations du XIIe siècle (chevet et transept).
  2. La pénurie de documents, en dépit des recherches du chanoine Albe et de l’existence d’un plan-terrier du XVIIIe siècle, oblige « à faire parler les pierres », ce que le conférencier a accompli avec talent, en grande partie par une « photomodélisation » en trois dimensions due à l’exploitation numérique de sources photographiques. Notonsqu’il a su élargir cette modélisation à un grand nombre d’églises du département pour dresser une chronologie générale et esquisser quelques éléments de typologie (dédicaces, superficie, orientation, etc.). Il avoue ainsi sa surprise devant la forte religiosité du XIXe siècle qui voit, dans le Lot, la construction de 109 églises et la restauration de plus de 150 édifices… Mais, après cette intéressante digression, l’orateur revient aux caractéristiques les plus originales de l’église de Blars, son « centre du monde ». Il évoque notamment la présence de deux « chambres hautes » ou refuges dans le clocher desservies par un escalier en vis hors-oeuvre, et, élément plus rare, par un second escalier en-oeuvre dans l’épaisseur du mur du transept nord. La disparition de la nef romane primitive laisse d’ailleurs planer un doute sur la possible présence à son sommet d’une autre chambre haute desservie par le même mystérieux passage. Autre curiosité, les descentes de charges atypiques dans le transept que l’on pourrait qualifier de fautes architecturales mais qui ont tout de même bravé les siècles. Claude Soirot nous livre avec humour d’autres énigmes dont une ouverture directe sur le transept… à 6 m de hauteur scruter le monument de visu, en nous accompagnant lors d’une prochaine sortie d’été par exemple.

 


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